Le Népal
Enfin de retour au Népal, pour la quatrième fois. C'est mon pays préféré dans le monde, le pays de la sérénité, des népalais charmants, un riche patrimoine culturel et bien sûr l'Himalaya !
Le Népal est un petit pays de 30 millions de népalais avec Katmandou comme capitale, cerné par deux géants, la Chine au nord, l'Inde au sud. 80% de la population est hindoue, 10% bouddhiste, ces derniers sont venus du Tibet envahi par la Chine en 1950, ils vivent dans l'Himalaya et à Katmandou. La langue officielle est le népalais, la monnaie la roupie népalaise. Sur les 14 sommets de plus de 8000 mètres que compte l'Himalaya, 8 se trouvent au Népal, dont l'Everest qui culmine à 8849m.
Le quartier de Swayambunath, perché sur une colline, est l'un des plus anciens sites religieux du Népal, vénéré par les bouddhistes et les hindous.
Tout en haut un beau stupa avec ses yeux de Bouddha, et quelques échoppes. Mais aussi un petit monastère pour moinillons (jeunes moines bouddhistes)
Le plus grand stupa du pays se situe pas loin de la ville, à Bodnath, il est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, il date du XIVè siècle. Le stupa est censé abriter une relique de Bouddha, ce qui en fait un lieu saint. La grande base du stupa représente la Terre, la coupole l'eau, la tour surplombant la coupole le feu. La base de la tour, carrée, porte les yeux de Bouddha. La partie supérieure en forme de pyramide se compose de 13 parties superposées représentant le chemin vers le nirvana, forme de paix intérieure, de libération de la souffrance, d'accomplissement de la vie.
Pashupatinath est sûrement l'endroit le plus surprenant de Katmandou.
Pashupatinath est le lieu de crémation en plein air des morts hindous, les cérémonies se déroulent tous les jours du matin au soir. On peut y assister moyennant un petit droit d'entrée.
Ci-dessous un corps finit de se consumer sur un bûcher fumant encore, les cendres seront jetées dans la rivière sacrée. C'est un lieu macabre où je ne suis pas très à l'aise, mais je suis là pour témoigner d'un rapport à la mort différent de nos pratiques chrétiennes.
Nous avons rejoint le parc national du Langtang, au nord de Katmandou, en jeep après six heures de route chaotique jusqu'à Syabru Bensi (1503m) pas loin du Tibet. Le lendemain, après +750m de dénivelés et deux heures de marche en forêt nous arrivons à Gatlang (2238m), le premier village Tamang ou nous avons dormi.
Les Tamang sont des bouddhistes tibétains ayant fui le Tibet envahi par les chinois...En 2012 Gatlang avait tous ses toits gris en tuiles de bois. Le tremblement de terre du 25 avril 2015 a laissé des traces, c'est Katmandou et la région du Langtang qui ont été les plus touchés. Les toits en tôles bleues sont ceux des maisons qui ont été endommagées et reconstruites.
Le style des maisons est typique, portes et fenêtres en bois sont sculptées, certaines polychromes, ce qui laisse entrevoir le sens artistique des villageois. Des maisons dans lesquelles il n'y a pas de lumière, ni aucun confort.
Les personnes âgées travaillent jusqu'à tant qu'elles n'en peuvent plus. Elles sont les plus vulnérables, soutenues par les enfants et les petits-enfants, du moins ceux qui sont restés au village. Il n'y a pas d'autre choix que la solidarité familiale.
C'est à Gatlang que nous avons vu notre premier 7000m, le Langtang Lirung (7234m), c'est le plus haut sommet du Langtang, nous le verrons souvent. Il était particulièrement beau ce soir-là à la lueur du coucher du soleil ! Remarquez son beau glacier blanc juste derrière.
Les sources d'eau chaude ont souffert du tremblement de terre de 2015, les bassins ne sont plus remplis comme avant, mais l'eau chaude continue à couler. Nous avons pu profiter de l'eau sulfureuse.
En continuant notre trek, les hauts sommets himalayens se dévoilent dans le V des vallées profondes.
Après +560m de dénivelé nous arrivons à Naghtali (3165m), un tout petit village plein de charme.
Je suis arrivé à Naghtali dans un état de fatigue anormal pour si peu de dénivelé et nous ne sommes pas très haut. Ça ne m'inquiète pas encore...Je me souviens qu'en 2012 la vue était splendide, malheureusement cette fois-ci le ciel est nuageux nous ne voyons pas les sommets enneigés. Nous avons fait une longue pose pour le repas de midi. La cuisinière est affairée au poêle à bois dans la cuisine typique des villages Tamang.
En attendant le repas, nous nous sommes défoulés en jouant les rock stars !
Après une belle descente de -800m dans la jungle, nous arrivons à Thuman (2338m). Un beau village tout en pente que j'aime beaucoup, les habitants sont très accueillants. Nous y avons passé une nuit.
Et voilà mes amis qui se déhanchent sur le dance floor ! On n'oublie pas ces moments-là...
On serait bien resté une journée de plus mais il fallait continuer en direction du village Lama Hotel (2420m), une longue journée de montées et de descentes. Nos soirées sont une ritournelle, en fin de rando on boit la bonne bière locale (la Gorkha), puis la douche, le repas et on joue aux cartes avec Sonam et Babou en sirotant un thé à la menthe, puis dodo vers 20h30...
Le lendemain une journée de +1000m nous attend pour rejoindre Langtang. Nous prenons le repas de midi à Thyangsyap (3140m) où je suis arrivé là encore très fatigué. Ça commence à m’inquiéter sérieusement. Après le repas j'ai rejoint péniblement Langtang (3430m).
Le village de Langtang a connu un sort que le meilleur scénariste n'aurait pas pu imaginer. Il était 11h56 le 25 avril 2015 lorsqu'un séisme de magnitude de 7,8 secoua le pays. Avec Katmandou, la vallée du Langtang a été la plus touchée et le village de Langtang rayé de la carte car situé sous un glacier. Le séisme provoqua une avalanche de neige et le glacier s'est détaché (!), déversant 40 millions de tonnes de roches et de glace sur le village détruit à 100%, pas un survivant, plus de 350 morts, des villageois et quelques trekkers s'y trouvant aussi. Il a fallut attendre des mois que la glace fonde pour reconstruire le village qui est aujourd'hui tel qu'on le voit sur la photo ci-dessous. On a beaucoup regardé l'emplacement de ce glacier et essayé d'imaginer ce qui s'est passé. C'est terrible...Voici le nouveau village de Langtang où nous avons passé une nuit.
N'ayant pas l'énergie qu'il faut pour monter plus haut c'est la mort dans l'âme que j'ai laissé mes amis faire l'ascension du 5000 sans moi, le Tserko Ri (altitude exacte 4985m mais on n'est pas à 15m près...). A bout de forces (sauf Alain qui n'est jamais à bout de forces...) ils y sont parvenus. Un grand bravo à eux, ils méritent les honneurs de mon blog. Je sais ce qu'ils ont ressenti là-haut, pour y avoir été en 2012 avec Sonam. Ils n'oublieront jamais ce moment d'émotion forte.
Sonam a changé le programme du dernier jour. Au lieu de terminer là où nous avons commencé (à Syabru Bensi) il nous a proposé de dormir chez lui dans son village de Thulo Syabru (2200m). Nous avons été enchanté de cette invitation. Il nous a aussi proposé de faire les deux dernières heures...à cheval ! Quelle idée !
Quelle aventure ! C'est donc à cheval que nous sommes arrivés au village, nous ne sommes pas passés inaperçus...
Si Sonam a eu autant d'égards à notre encontre c'est que nous avons formé une belle équipe, nous cinq et nos trois accompagnateurs. Le succès de ce trek revient en partie à eux. Un grand merci à Sonam, Pema et Babou.
Nous avons passé une soirée tranquille chez Sonam, en compagnie de son adorable femme Dawa et de leurs deux garçons.
Le parc national Chitwan.
Changement de décor. Après l'altitude, nous rejoignons en bus le parc national Chitwan que je connais bien. C'est un autre Népal, à seulement 200m d'altitude, au sud du pays près de la frontière avec l'Inde. Nous y avons passé deux jours et demi. Chaque soir, nous sirotions une Gorkha devant le coucher de soleil au bord de la rivière Rapti dans le sympathique village de Sauraha où vit le peuple Tharu.
Une rivière infestée de crocodiles !
Chitwan est avant tout le pays des éléphants ! Oui des éléphants au Népal ! Et à Sauraha, ils se promènent dans les rues. Ce n'est pas banal.
Nous avons vu beaucoup de daims.
Et des rhinocéros ! Oui des rhinocéros au Népal ! Tout d'abord la mère et son petit se camouflant dans une mare.
Et le mâle n'était pas loin !
Un beau mâle enveloppé dans son épaisse cuirasse tel un samouraï partant à la guerre.
Les éléphanteaux sont promenés tous les matins par les cornacs en compagnie de leur mère.
Car il y a une nurserie à Sauraha, nous l'avons visitée après une balade en pirogue sur la Rapti.
Après une gestation de 21 mois, les mamans allaitent pendant 2 à 3 ans. Il y avait trois éléphanteaux.
Le dernier jour nous avons loué des vélos pendant une journée pour parcourir la belle campagne environnante. C'est un monde rural, pauvre, avec des petites maisons, une à deux vaches, un buffle, des chèvres. C'était la période de la récolte du riz. C'est juste avant la récolte que les rizières sont les plus belles !
Nous avons vu une seule faucheuse à l’œuvre, mais l'essentiel de la coupe se fait encore à la main avec la faucille comme seul outil.Travailler dans les rizières est un travail difficile, je l'ai constaté dans beaucoup de pays. Le Népal se modernise, le riz est maintenant battu à l'aide de batteuses, ça facilite grandement le travail. Cela n'est possible qu'en plaine comme ici mais impossible en montagne. Les rizières donnent du travail à beaucoup de monde.
Le dernier soir nous avons assisté à une soirée de danses Tharu spectaculaires. C'était une façon de bien terminer notre séjour à Sauraha dans le parc national Chitwan.
C'est ici que nos chemins se séparent. Mes amis rentrent en France, enchantés de leur voyage, des souvenirs plein la tête, ils n'oublieront pas le Népal de si tôt...Je continue donc mon voyage en solitaire comme d'habitude. J'ai décidé d'aller à Pokhara que je connais bien.
Pokhara.
Pokhara est située à 800m d'altitude non loin des Annapurnas. La ville borde le lac Phewa.
Et puis la chaîne des Annapurnas dans toute sa majesté !
Le Machapuchare (6997m) trône au milieu d'une des plus belles chaînes de montagne de l'Himalaya.
J'ai eu la chance d'approcher ces montagnes lors du tour des Annapurnas et le camp de base lors de mon premier trek en 2006. De plus loin cette fois, il suffit juste d'admirer. Séquence contemplation !
Mon quatrième voyage au Népal touche à sa fin. Il n'était pas nécessaire que je revienne pour confirmer que c'est encore et toujours mon pays préféré dans le monde. C'est un pays fascinant. Randonner dans l'Himalaya est une expérience à vivre. Les sommets, les glaciers, la vie dans les villages d'altitude sont une expérience intense. On n'est nulle part déçu dans ces hautes et belles montagnes himalayennes.













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