L'Inde du sud : Goa et le Kerala

Goa. 

Goa a été colonisé par les portugais au début du XVIè siècle. Ce n'est qu'en 1961 que l'état fut annexé par l'Inde, 14 ans après son indépendance. Car Goa n'est pas une ville mais un état, l'un des plus petits de l'état fédéral d'Inde. C'est aujourd'hui une grosse destination touristique de bord de mer, avec plus de 100km de plages ensoleillées.

Changement de décor radical. Après le désert du Rajasthan, voici les plages de Goa bordées de palmiers ! Comme il fallait bien en choisir une, j'ai jeté mon dévolu sur Palolem Beach, au sud de Goa. Une longue plage de 2km environ, avec bungalows, bars et restaurants tout le long.

C'est une belle plage, propre, on peut faire une sortie en bateau et du kayak, j'ai fait un peu de kayak. Il fait très chaud, 32° et l'eau est à 27°, ce n'est pas caniculaire, c'est très bien comme ça.

A part se promener sur la plage, un coup dans un sens, un coup dans l'autre sens, faire du kayak, lire allongé sur un bain de soleil et se baigner, il n'y a pas grand-chose d'autre à faire. Mais ça me fait du bien après l'Inde infernale des grandes villes polluées. Alors j'en profite. C'est ici que j'ai mangé du poisson et des gambas dans les restaurants de plage, pour la première fois depuis le début du voyage.

Comme Palolem est sur la côte ouest de l'Inde, il y a forcément le coucher de soleil, un peu palot dans un ciel brumeux.

Je suis allé en tuk-tuk à Agonda Beach, à 10km de Palolem.

Une autre plage plus calme, avec moins d'hébergements et moins de monde.


Je ne suis resté que deux jours et demi à Palolem. Ça n'a rien d'extraordinaire, et il y avait trop de russes. Du coup je suis parti.

 

Le Kerala.

Le sud de l'Inde est complètement différent du nord, j'ai l'impression de voyager dans un autre pays. C'est beaucoup plus propre, il y a moins de circulation, moins de klaxons et la nature est plus belle. C'est aussi plus moderne, plus riche. 

Le Kerala est une bande côtière de 900km au sud-ouest de l'Inde. Les kéralais ne parlent pas hindi mais le malayalam. Le Kerala a été occupé successivement par les portugais, les hollandais et les anglais bien sûr. Longeant la côte, les Backwaters constituent un vaste réseau de lagunes, de lacs, reliées par des canaux communiquant avec la mer. Un peu comme les Pangalanes à Madagascar. 

 

Kochi.

Kochi (anciennement Cochin) est la capitale du Kerala et aussi le plus grand port du pays. 

Il est agréable de se promener dans les ruelles de Fort Kochi, le quartier touristique de la ville. L'artisanat est très présent, les boutiques se succèdent (artisanat très riche, vêtement indiens sympas, parfumeries,...)

Les scènes de la vie locale se succèdent au fur et à mesure de ma pérégrination, les habitants sont vraiment sympas.

Les petits garçons sont sages, comme d'habitude, alors que les petites filles sont plus dissipées et certaines affirment déjà leur caractère !

Le cliché de Fort Kochi, ce sont les "Chinese nets", les filets de pêche chinois. Ils sont là depuis la présence chinoise dans la région avant l'arrivée des européens.

C'est très photogénique !

Ce sont ce qu'on appelle chez nous des carrelets, sauf que ceux-là sont énormes ! La pêche n'est pas miraculeuse pour autant.

Les activités artisanales et industrielles se côtoient. Les gros ignorant les petits, les petits ne pouvant pas ignorer les gros.

 Les pêcheurs sont sympas. Tout en travaillant, ils m'ont invité à assister à leur travail de près. 

Le contre-poids est assuré par des grosses pierres attachées à des cordes, c'est simple et efficace. Voici une petite vidéo de démonstration.


Je me rappelle avoir pris de belles photos (diapos à l'époque) du coucher de soleil sur les carrelets en 2007. Malheureusement cette année, le ciel s'est chargé chaque soir. Le bel éclairage la nuit était cependant propice à une petite balade digestive après avoir diner dans les bons restaurants de Fort Kochi.
 

 

Les Backwaters.

Littéralement, les Backwaters signifient "les eaux de l'arrière pays", ce sont des lacs et des lagunes parallèles à la mer dans le sens nord-sud. Les terres lacustres qui bordent le lac sont coupées par des canaux formant des îles en forme d'un gigantesque damier. Les îles sont habitées. Je suis venu à Alappuzha pour naviguer parmi ces paysages magnifiques. Sauf qu'il a beaucoup plu pendant deux jours dès mon arrivée (les premiers jours de pluie depuis deux mois), j'ai attendu le troisième jour pour y aller par beau temps.
Tout d'abord dans le Kerala, les bus gouvernementaux ne sont pas vitrés, c'est toujours ça de moins à nettoyer. Il y a juste des rideaux rigides en accordéon qu'on ferme lorsqu'il pleut, dans ce cas il fait noir dans le bus en plein jour...

Je les ai utilisés pour de courtes distances (3 ou 4 heures maxi), à part les courants d'air suivis de rhumes, ils sont pratiques, nombreux et pas chers. Il y a le chauffeur (toujours un homme) et une personne (un homme ou une femme, ci-dessus une femme en tenue qui a fini son service) chargée d'encaisser l'argent et de gérer les personnes qui montent et descendent.
 

Plusieurs formules sont proposées pour naviguer dans les Backwaters, ça va du gros bateau appelé houseboat (maison sur l'eau), le bateau beaucoup plus petit appelé shikara ou le canoé. J'ai choisi le canoé qui permet de naviguer dans les petits canaux et de voir la vie se dérouler dans un très bel endroit.

Il y aurait plus de 2000 houseboats ! De taille à peu près similaire, de standings et de prix différents. La formule consiste en une balade de 20 heures avec nuit à bord en demi-pension. Le coût varie de 100 à 300 euros. 
 

Ça ne m'aurait pas ruiné, mais ils permettent de naviguer seulement sur le lac ou les grands canaux où ils sont trop nombreux à se suivre ou se croiser.

Les paysages sont très beaux, le beau temps, les palmiers, ces grandes étendues d'eaux calmes me ravissent.

Je suis donc parti en canoé, avec Babu, un rameur sympa à ma disposition pour que je ne me fatigue pas...Nous avons commencé sur le grand canal.

Tout le monde ici possède une barque, c'est le seul moyen pour se déplacer, pour aller faire des courses, pour aller travailler, aller à l'école, ou voir ses voisins d'en face. C'est le peuple de l'eau.
Tout l'intérêt est d'aller dans les petits canaux, pas plus larges de cinq mètres. De rares ponts permettent de passer d'un côté à l'autre, sinon il faut utiliser la barque.

Les palmiers et les bananiers sont en abondance, apportant tout juste un peu d'ombre, l'ombrelle est largement utilisée, par les femmes comme par les hommes. Ce sont des parapluies qui servent pour la pluie et le soleil.

L'amour pour les enfants est universel !

Les canaux sont bordés par des murets qui permettent à la population de se déplacer. Je ne sais pas de quoi ils vivent, mais ils ont de belles maisons. Devant chaque maison quelques marches permettent d'aller laver le linge.

Comme partout, c'est le travail des femmes.

Une tranche de vie dans les Backwaters en vidéo.

C'est vraiment un endroit exceptionnel où il fait sûrement bon vivre.

De mon point de vue, ayant été à peu près partout en Inde après ce quatrième voyage, les Backwaters sont le plus bel endroit de toute l'Inde.



Varkala.

Je continue ma descente vers la pointe sud de l'Inde. Varkala est une station balnéaire touristique, c'est aussi la Mecque des ashrams. Les ashrams sont des lieux de retraite pour la pratique du yoga et de la méditation. C'est un business très lucratif organisé sur le dos d'occidentales naïves, en mal de bien-être. Ce sont en grande majorité des filles et elles sont nombreuses, venant de tous les pays, et ça coûte cher. Il est constaté aussi une évidente dérive sectaire dans ce milieu.

Le Kerala c'est aussi le must de la médecine ayurvédique, avec beaucoup de boutiques de médicaments et de cosmétiques. Les massages ayurvédiques aussi bien sûr. En Inde, les femmes massent les femmes, les hommes massent les hommes.

Il est hors de question que je me fasse masser la couenne par des moustachus velus avec des grosses paluches. Non mais...
La zone touristique de Varkala est perchée en haut d'une falaise sur une longueur d'un kilomètre environ. Au pied de la falaise, c'est la plage.
La plage est belle et à peu près propre, la baignade est un peu dangereuse à cause des courants, il faut être prudent. La plage est surveillée.
Sur le chemin en corniche se succèdent des boutiques de qualité et des bars restaurants. On y mange du poisson frais et des gambas, des petits crabes aussi. Il y a du monde mais ça va car j'y étais en semaine.
 
J'ai aimé cet endroit, j'étais super bien logé au nord de la plage, il a fait très chaud (35°C), les indiens sont sympas, pas collants, ils me laissent tranquille. Il y a des palmiers, et quand il y en a je suis bien, c'est mon arbre préféré.
 
 
Le chemin descend vers le sud de la plage où les pèlerins viennent se recueillir, prier, chercher du réconfort, des conseils ou la bénédiction des sadhus qu'ils vénèrent. J'ai été assez impressionné de voir cette dévotion directement sur la plage aux yeux de tous. Étonnant !
 

Les sadhus, je les aime bien, ils ont l'air bizarre mais ils sont très gentils. Ce n'est pas facile de communiquer avec eux car ils ne parlent pas anglais mais ils sont accessibles et sourient tous, et le sourire est un langage universel.

Une petite vidéo pour vous mettre dans l'ambiance sacrée de l'Inde.


Kovalam.

C'est ma dernière étape en Inde. Kovalam est tout à la pointe sud du pays, pas loin du Sri Lanka. Ci-dessous mon parcours en un mois et demi. J'ai négligé le sud-est, sachant que je ne verrai pas mieux que ce que j'ai déjà vu du pays.

 
Le drapeau de l'Inde. La roue représente le mouvement, allusion au rouet comme instrument de travail.

 
Kovalam est une station balnéaire encore plus touristique que Varkala. Kovalam c'est bien, si ce n'est tous ces russes...
Pas de falaise mais une succession de plages plutôt belles, il faut juste fermer la bouche dans l'eau au risque d'avaler un sac plastique. J'en ai ramassés des sacs et des bouteilles d'eau, les indiens me regardaient faire mais ne m'aidaient pas, alors j'ai arrêté. A noter la présence de beaucoup de méduses, des grosses qui plus est. C'est plus un problème pour les pêcheurs que pour les baigneurs.
 

La plage Lighthouse est orientée plein sud, il fait très chaud (35°C), transat et parasol obligatoires, mais je n'y passe pas des heures. Je lis beaucoup et je me baigne, l'eau est tiède, c'est super agréable. Et tout le secteur est piétonnier, pas un scooter, pas un tuk-tuk, pas un coup de klaxon, même pas un vélo. Quel répit ! Des petites dames gentilles me préparaient une salade de fruits pour mon repas de midi.

Sur la plage voisine, un dimanche, il y avait du monde ! Vous constatez que tout le monde est habillé.

Tout le monde se baigne habillé, c'est l'usage, sauf quelques hommes et les garçons ados. Il y a un air de fête, ils s'amusent beaucoup et sont de bonne humeur.

Ils sont élégants en toute circonstance. C'est un beau peuple.

Des activités sont proposées, comme un petit tour en hors-bord et du parachute ascensionnel.

C'est le meilleur endroit pour voir le coucher de soleil. Ils se prennent tous en photo, même avec moi. D'ailleurs il n'y a pas eu un jour en Inde sans que quelqu'un veuille une photo avec moi, ils sont friands de ça, je joue le jeu volontiers.

Un coucher de soleil classique.

Sur la plage d'Ashok voisine, c'était le retour des pêcheurs. J'adore ces moments-là que j'ai vu dans beaucoup de pays, c'est toujours pour moi des moments forts. C'est sûrement la pêche artisanale qui me fait cet effet-là, c'est si beau et authentique, si photogénique, une activité qui a disparu chez nous.

Les bateaux sont en fait de grosses barques en bois qu'il faut mettre à l'eau le soir car ils pêchent toute la nuit. Au retour au petit matin le travail n'est pas terminé, il faut faire sécher les filets...

... et hisser le bateau sur la plage. Il en faut de la main d’œuvre pour ça !

C'est ici-même à Kovalam que j'ai fait ma plus belle rencontre. Un groupe d'élèves infirmières (un seul élève infirmier) en weekend à Kovalam avec leurs enseignants. Un weekend payé par leur école...Des jeunes filles pétillantes comme j'ai rarement vu, qui s'amusaient et dansaient sur la plage. Lorsqu'elles ont vu que je les filmais, elles ont accouru pour voir les vidéos. Elles m'ont posé plein de questions, pas sur moi, mais sur l'Inde. Est-ce que j'aime l'Inde, qu'est-ce que j'ai préféré en Inde, est-ce que j'ai été malade à cause de la nourriture, est-ce que j'aime les indiens. J'ai toujours répondu positivement sur leur pays que j'adore, à chaque réponse elles applaudissaient et criaient de joie. Leur rencontre m'a beaucoup ému. Elles ont bien sûr voulu prendre des photos, le jeune garçon n'a pas arrêté. J'ai sélectionné la plus belle. Je vous avoue que ça ne me dérangerais pas de tomber malade si c'était pour être soigné par elles...Elles sont trop gentilles et trop belles !

Je ne vous cache pas que j'adore cette photo. Que des sourires !

Elles sont l'Inde d'aujourd'hui, elles seront l'Inde de demain, une Inde qui va de l'avant, à l'inverse du déclassement des pays occidentaux. Une Inde où je pense revenir encore une fois tellement je l'ai aimée. C'est un pays fascinant, envoûtant parfois.

Après la route de la soie, la danse de la joie en Inde !



                                                   Incredible India !


Commentaires

  1. Merci Pierre pour ces récits très intéressants sur l'Inde et ces belles photos colorées !
    Je suis allée 2 fois en Inde et j'aime beaucoup les indiens. Mon souhait serait de visiter le Kerala et la pointe sud du pays...un jour peut-être !
    Bons futurs voyages !

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