L'Inde du nord : du Gange sacré jusqu'au Taj Mahal
L'Inde est un pays grand comme six fois la France qui compte 1,5 milliards d'indiens, ils sont aussi nombreux que les chinois. La capitale, New Delhi, compte 20 millions d'habitants. Le pays a acquis son indépendance de l'Empire britannique en 1947 avec à sa tête le Mahatma Gandhi qui a fait plier un empire en adoptant la non-coopération par la non-violence. Il figure sur tous les billets de banque. Je le considère comme le plus grand des hommes. L'hindouisme est la religion majoritaire à 80%, l'islam 15%. Il ne faut pas confondre hindous et indiens : les hindous sont les adeptes de la religion hindouiste alors que les indiens sont les citoyens de l'Inde. La langue officielle est l'hindi, parlée par seulement 40% de la population, plus de 200 langues sont répertoriées. La monnaie est la roupie indienne.
La Constitution de l'Inde interdit les discriminations fondées sur les castes, mais celles-ci continuent de jouer un rôle majeur et discriminatoire dans la société indienne. Au plus haut les Brahmanes que sont les prêtres, les enseignants et les hommes de loi, ensuite les Kshatriyas que sont les nobles et les soldats, puis les Vaishyas que sont les artisans, les commerçants, les agriculteurs, et enfin les Shudras que sont les serviteurs. Les Intouchables sont en dehors des castes, ce sont les personnes affectées aux tâches dégradantes, considérées comme impures d'un point de vue religieux : balayeurs, éboueurs, vidangeurs d'égouts, équarrisseurs, tanneurs, cordonniers, blanchisseurs, mendiants, etc. Plus de 300 millions d'indiens vivent sous le seuil de pauvreté.
C'est mon quatrième voyage en Inde après 2005, 2006 et 2007. Cette année j'envisage de traverser le nord de l'Inde d'est en ouest et descendre ensuite vers le sud.
En Inde, le choc des photos l'emporte sur le poids des mots.
Calcutta.
Calcutta c'est 6 millions d'habitants, son agglomération 20 millions. Je n'y ai passé qu'une seule journée. D'emblée dans le bain bouillonnant de l'Inde !
Les bus ont de l'allure. Marcher dans la rue pendant une journée, c'est entendre klaxonner pendant toute la journée et c'est comme ça tous les jours...Les barbiers et coiffeurs ne rasent pas gratis.Les scènes de rues peu communes se succèdent pour mon plus grand plaisir. C'est un chaos indescriptible, le bruit, les odeurs, la poussière, il y a tout ce qu'à priori on n'aime pas, mais moi j'aime ça, je voyage pour vivre des moments intenses comme ceux-là. Tout se passe dans la rue, sur les trottoirs envahis, c'est tout sauf aseptisé.
Ce n'est pas propre partout, je dirais même que ce n'est propre nulle part. Les Intouchables sont là pour nettoyer comme ils peuvent, avec les moyens qu'on leur donne...
Les poulets n'ont pas de chance, quel que soit le pays ! Mais à Calcutta, ils sont saignés au hachoir dans la rue, l'odeur de sang imprègne les trottoirs.
C'est à vous dégoûter d'en manger.
Le Gange sacré à Varanasi.
Varanasi (anciennement Bénarès) est une ville de 1,5 millions d'habitants. C'est la capitale spirituelle de l'Inde, au bord du Gange, le fleuve sacré.
Les bords du fleuve sont jonchés de détritus.
On y vient de loin en famille, c'est une fête, il y a de la joie.
L'ambiance est particulière. C'est aussi un lieu de recueillement, tout le monde ne se baigne pas, par pudeur et de peur d'attraper des maladies. Je les comprends, la croyance a ses limites. Beaucoup viennent seulement pour prier.
Peut-être reviendront-ils plus tard, portés sur des brancards en bambou par les hommes de la famille.
Tout les soirs, sur Dasashwamed Ghât, se déroule une grande cérémonie (la Ganga Aarti) en l'honneur du Gange sacré. Lors de mon premier voyage en Inde en 2005, c'était une cérémonie confidentielle, moins de 100 personnes y assistaient dont une poignée de touristes. Aujourd'hui c'est un show à l'américaine avec deux écrans géants, il y a deux grandes scènes où se déroulent la même cérémonie suivie par plus de 5000 spectateurs (dont 90% d'indiens), moitié sur terre, moitié sur des bateaux sur le Gange...
Ça a perdu de son charme, de son authenticité, du coup ça m'a déçu. C'est comme ça maintenant...
Pas un centimètre carré n'a échappé aux sculpteurs de l'époque. C'est remarquable !
C'est vraiment beau. Moi qui aime les vieilles pierres, je suis servi.
J'ai passé une demi-journée dans ce lieu riche d'enseignements, je ne m'en suis pas lassé.
Pendant cette demi-journée j'ai eu le temps d'admirer les temples dans tous les détails. Et ce qui m'a surpris va vous surprendre aussi...
Il semblerait que les plans à quatre (voire plus) étaient la norme...
Les mœurs de l'époque étaient libres, c'est le moins que l'on puisse dire. Je rappelle que ces sculptures datent du Xè siècle, étant arrivé à Khajuraho au XXIè siècle, je n'ai malheureusement pas eu droit à ces réjouissances...
Autour d'un temple il y a une longue frise consacrée à la guerre parce qu'il y a toujours eu des guerres. Des scènes très rythmées de guerriers avec leurs chevaux et des éléphants qui se suivent dans une belle harmonie de mouvements, on s'y croirait presque.
La guerre étant un métier difficile, des récompenses étaient offertes aux combattants, comme "le repos du guerrier"
Ou carrément le repos de la garnison...Heureux hommes !
Si les femmes venaient à manquer, le plan B était activé !...
Ah ah, j'aimerais voir votre tête ! Ainsi allaient les mœurs en Inde au Xè siècle, c'était la belle époque.
J'ai bien aimé le village tranquille de Khajuraho.
Le Taj Mahal.
Après avoir vaincu le dernier sultan de Delhi, c'est l'empire moghol qui donna son heure de gloire à la ville d'Agra au XVIIè siècle. Les moghols venaient d'Asie centrale (Afghanistan, Iran...), ils étaient donc musulmans. L'empereur moghol Shâh Jahân (1592-1666) fut un grand guerrier, il avait trois épouses et un harem d'environ 400 concubines. La cantine devait être grande...le lit aussi. Mumtaz Mahal, sa troisième épouse adorée mourut en 1631 en donnant naissance à leur quatorzième enfant alors qu'elle l'accompagnait à la guerre. Fou de chagrin, il fit construire un mausolée pour sa bien-aimée. Les travaux durèrent de 1632 à 1648, exécutés par 20 000 esclaves et maîtres artisans venus d'Europe et d'Asie centrale, dirigés par l'architecte perse Ustad Ahmad Lahauri. Le Taj Mahal est le fruit de plusieurs styles architecturaux : islamique, perse, ottoman, indien.
Le mausolée est surmonté d'un dôme à 74m de haut et encadré de quatre minarets graciles de 42m de hauteur. C'est d'une beauté inouïe ! Le marbre blanc du Rajasthan présente plusieurs nuances de blanc et de gris. Il est incrusté d'inscriptions calligraphiques du Coran, de motifs floraux et de bandeaux décoratifs en pierres polychromes marquetées. Le jaspe vient du Penjab, la turquoise du Tibet, le corail de la mer Rouge, l'onyx de Perse, les grenats du Gange, l'agate du Yémen, etc. Ce sont 28 pierres fines qui ont été utilisées pour composer les motifs.
Cette première partie de mon voyage en Inde se termine devant le Taj Mahal, l'une des 7 Merveilles du monde moderne.
















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