La Malaisie

La Malaisie est un petit pays d'Asie du Sud-Est peuplé de 33 millions de malaisiens. Kuala Lumpur, la capitale, compte 1,6 millions d'habitants. Le pays a acquis son indépendance de l'Empire britannique en 1957. La Malaisie est divisée en deux parties : la péninsule, coincée entre la Thaïlande au nord et Singapour au sud, et 1/3 de la surface de l'île de Bornéo en frontière avec l'Indonésie et le sultanat de Brunei. L'île de Sumatra (Indonésie) n'est qu'à quelques kilomètres à l'ouest.

L'islam est la religion d'état, 65% des malaisiens sont musulmans, 20% sont bouddhistes, suivent chrétiens et hindous. La Malaisie est un pays cosmopolite : 25% de la population est d'origine chinoise, 10% d'origine indienne (j'ai eu l'impression que c'est plus). Les malaisiens parlent le malaisien. La monnaie est le ringgit.

Je ne connais que la capitale Kuala Lumpur où je suis allé trois fois en transit lors de voyages précédents en Asie du Sud-Est. Ne connaissant pas le pays, je suis venu pour le découvrir. A peine descendu de l'avion à l'aéroport de Kuala Lumpur, en provenance du Vietnam, je suis monté dans un bus en direction de Malacca au sud, à 2 heures de route. Je remonterai ensuite vers le nord. 


Malacca.

La ville, appelée Melaka en malaisien, a été fondée par les portugais au début du XVIè siècle. Ce fut alors un des ports les plus importants de la région.

Le centre historique est en fait le quartier Chinatown. La Malacca River serpente au milieu de la ville, reflétant les maisons multicolores. C'est très agréable de se promener sur les bords aménagés du fleuve côtier.

Celui-ci dessine des courbes dans la ville, des bateaux-taxis promènent les touristes. C'est ma foi en bien joli quartier avec ses petites ruelles où j'ai aimé me perdre (et me retrouver).


Dans ce dédale, j'ai aimé le street art. J'ai vu plus beau mais c'est quand-même pas mal.
 
Ces peintures murales, plutôt réalistes, donnent un charme suranné à la ville.

J'ai particulièrement aimé la nuit où l'activité se concentre sur les bords du fleuve. Bars et restaurants disposent de petites terrasses au bord de l'eau.


L'éclairage est subtil, tamisé, parfois fluo, offrant des reflets colorés dans l'eau.
 
 
La Malaisie est un pays musulman mais ce n'est pas l’Afghanistan. Ici, les filles paraissent libres de faire ce qu'elles veulent. Leur présence en ville le soir en témoigne. Elles sont souriantes, abordables, seules au restaurant. La tenue vestimentaire est cependant traditionnelle et rigoureuse : elles portent l'abaya et le hidjab, et pas de décolleté. Elles peuvent porter un pantalon, même un jean, mais elles doivent avoir les bras recouverts et porter le hidjab qui recouvre les cheveux, le cou, et les épaules...
 
 
Il viendra bien un jour où tout cela disparaitra, mais je ne pense pas qu'on verra ça de notre vivant...Les non musulmanes sont quand-même plus libres, moins contraintes. Sont-elles plus heureuses pour autant ? Je ne saurais l'affirmer parce qu'on ne peut pas définir le bonheur sur les apparences.
 

Sympa Malacca !
 

 
Géographie de la Malaisie.
 

Quand on survole le désert on ne voit que du sable. Quand on survole les Alpes en hiver on ne voit que de la neige. Quand on survole la Malaisie on ne voit que des palmiers à huile ! L'Indonésie et la Malaisie sont les deux plus gros producteurs d'huile de palme dans le monde. L'Indonésie en produit 30 millions de tonnes/an, la Malaisie 20 millions de tonnes/an, soit à eux deux 80% de la production mondiale. Des volumes de production énormes, première source de déforestation. En Malaisie, ça ressemble à une monoproduction. Vu du ciel et aussi en bus, c'est spectaculaire, on ne voit que ça parce qu'il n'y a que ça. Je ne suis pas un spécialiste nutritionniste, mais cette matière grasse n'est pas non plus bonne pour la santé. L'UE a interdit l'importation de l'huile de palme en 2023. Dans la foulée, la Malaisie a signé un accord avec la Chine pour doubler son exportation avec eux.
 
 
 
Les Cameron Highlands.
 
La route pour y aller est horrible ! Sur plus d'une trentaine de kilomètres, l'homme a façonné la nature n'importe comment. La montagne est transformée en une serre géante, tout est dénaturé, comme en Andalousie. Ce n'est pas beau à voir. Mais ça crée des emplois, ça rapporte de l'argent et ça nourrit la population. Alors la cause environnementale...
 
 
Si vous voulez voir un village moche, c'est à Tanah Rata, dans les Cameron Highlands, qu'il faut venir. C'est une petite station de montagne à 1450m d'altitude. C'est principalement à Tanah Rata que se concentrent les hébergements et les restaurants de la région. Mon hôtel était minable et les restaurants sont indiens et bangladais. La Malaisie n'est pas un pays de gastronomie, elle pioche les spécialités des pays voisins.
 

Heureusement qu'il y a un écrin de verdure ! Mais de quoi s'agit-il ?
 
 
J'en ai déjà vu en Inde et au Sri Lanka. Je trouve qu'il y a une ressemblance avec les vignobles. C'est bien aligné, bien débroussaillé, bien taillé, bien vert. 
 

Les plantations de thé font la réputation des Cameron Highlands, ici à Cameron Valley.

Le site n'est pas très grand, il est exploité touristiquement, des tours sont organisés pour des groupes. Il y a des buvettes et des restaurants, des jeux pour enfants. J'ai choisi d'y aller seul en scooter, comme ça j'étais peinard, j'ai pu marcher tranquillement sur les sentiers aménagés. C'est assez beau à voir, dommage que la ville de Tanah Rata ne soit pas à la hauteur.


 

L'île de Pangkor

Je n'avais aucune information sur cette île, j'y suis allé au hasard. Après deux trajets en bus (pas très longs) jusqu'à Lumut, et vingt minutes en ferry j'étais sur l'île de Pangkor où les taxis sont roses avec un toit jaune.

Les plages sont sur la côte ouest, il y en a trois. J'étais hébergé dans un hôtel près de la première plage du sud, Pasir Bogak. Ce n'est pas la plus belle, même si le nord de la plage n'est pas mal.


C'était d'un calme ! Presque pas de touristes, tout était fermé, c'était les premiers jours du ramadan. J'ai loué un scooter pour longer la côte ouest. La deuxième plage s'appelle Nipah Bay. C'est déjà beaucoup mieux. Si j'avais su j'aurais dormi ici car il y a aussi des hébergements.
 
 
Et qu'est-ce qu'il y a à Nipah Bay ?
 
Des calaos ! Quel bonheur, j'adore ces oiseaux qui ressemblent aux toucans. C'est la deuxième fois que j'en vois lors de ce voyage après en avoir vu sur l'île Koh Bulone en Thaïlande.


Il y en a plein, j'en ai vu plus d'une vingtaine. J'ai passé plus d'une heure à les regarder sans me lasser tellement j'aime ces oiseaux. Ils ne sont pas très sauvages, j'ai pu les approcher de près.
 

Tout au nord de l'île, Dalam est un village de pêcheurs, ici aussi c'était calme, les pêcheurs étaient à quai, ils attendaient que la marée monte pour aller travailler.
 
J'ai trouvé ce petit village charmant, où je n'ai pas vu plus de cinq personnes... 

Un trois mats est échoué dans la baie tout près du village.


J'ai gardé la plus belle plage pour la fin.

Coral Beach. Une superbe plage, ombragée, avec trois ou quatre restaurants sur le sable. La plage est magnifique, presque propre et presque personne ici non plus. Et cet ilot en face, avec sa petite plage, il fallait bien que j'y aille, il est trop tentant. J'ai loué pour cela un kayak, les pagaies au garde à vous m'attendaient.

Je ne l'ai pas encore dit, mais il a fait une de ces chaleurs ! Très très chaud, 35° et l'eau est toute l'année à près de 30° !

J'ai vu ici aussi un calao qui venait chercher à manger.


 Il a aimé la papaye !

Après un délicieux repas sur la plage, j'ai assisté au coucher de soleil, plutôt sympa, sur l'île de Pangkor que j'ai beaucoup aimée, j'y serais bien resté plus longtemps.


 

L'île Penang

De la terre ferme il faut 10mn de traversée pour arriver à George Town, la grande ville sur l'île de Penang. A première vue, ce n'est pas très engageant.


Comme un peu partout en Malaisie, de ce que j'ai vu, l'habitat est sérieusement délabré et défraîchi. George Town n'y échappe pas.

Parmi les nombreuses arcades, la moitié des maisons sont dans cet état. Sinon, ce sont des magasins, des boutiques ou des restos.


Seul l'hôtel de ville est d'un blanc immaculé !


Il fait une chaleur écrasante, fatigante, c'est en Malaisie que j'ai eu le plus chaud depuis le début du voyage. Un temps propice à faire la sieste.


George Town a une petite renommée pour le street art, des plans de ville sont distribués dans les hôtels pour les localiser, il n'y a qu'à suivre l'itinéraire. La peinture murale la plus célèbre est "les enfants à bicyclette", c'est une vraie bicyclette.

Mais aussi "la vieille moto", c'est une vraie moto. 

Et "le garçon sur la chaise", c'est une vraie chaise.

Les chats sont à l'honneur, ils se taillent la part du lion...

 

Ils sont partout, sur les façades, mais aussi sur les murs à l'intérieur des boutiques dédiées aux chats (pendentifs, porte-clés, cadres, dessins, sacs, etc...)

 
Ras le bol des chats, j'aime bien les matous mais là je sature. Je n'ai vu qu'un seul petit toutou trop mignon ! Le pauvre, il s'ennuie tout seul.

Je l'ai déjà dit, mais je le redis, j'aime beaucoup le street art que j'ai découvert à Valparaiso (Chili). Depuis ce temps-là je cours les rues là où il y en a. C'est un art récent, mais qui donne un air vintage et naïf parfois, revendicatif aussi. Les œuvres sont de valeurs inégales, peu importe si j'aime ou si je n'aime pas, une oeuvre d'art n'est pas faite pour être aimée par tous, ce qui compte c'est l'art tout court, dans la rue, à la portée de tous, gratuitement. L'art est utile.

George Town vaut la peine d'y venir, mais il faut bien dire que la ville n'est pas exceptionnelle. Il y a un potentiel énorme en bord de mer, mais il n'y a quasiment rien.








Seules deux ou trois jetées sont aménagées offrants des points de vues sur la mer et la ville de Butterworth en face sur la terre ferme.


 

Îles de Langkawi

Langkawi est un petit archipel au nord-ouest de la Malaisie, à la frontière sud de la Thaïlande. C'est ma dernière étape en Malaisie. Les hébergements sont situés au sud-ouest à Cenang Beach.


C'est une grande plage de sable blanc. Elle n'est pas moche, elle n'est pas belle non plus, j'ai du mal à la qualifier. Ce que je sais c'est qu'il n'y a pas de loi littoral et je n'aime pas trop les jet-skis, surtout lorsqu'il y en a des dizaines. Je n'aime pas non plus les plages en ville.

Il y a aussi des bateaux-bananes et du parachute ascensionnel. La jeunesse à de quoi s'amuser.

Pour voir autre chose que Cenang Beach, j'ai loué un scooter (c'est une habitude que j'aime) pour aller voir si le reste de l'île en vaut la peine.
 
 
Un téléphérique à Langkawi ! C'est plutôt inattendu. Il monte jusqu'à 700m de haut où deux options se présentent. "Le nid de l'aigle", une plateforme suspendue, on marche sur du verre comme si on marchait dans le vide. Je n'ai pas pris cette option.
 
 
Je suis allé sur le "skybridge", une passerelle suspendue originale.
 
 Elle a l'air rectiligne à la voir de loin.
 
En fait elle est courbe, c'est une passerelle courbée et haubanée tenue par un seul pylône et des haubans. Heureusement que les ingénieurs n'ont pas fait d'erreurs de calculs, car elle défie les lois de l'équilibre et de la physique. Il ne faut pas avoir le vertige !
 

Le jour suivant j'ai pris une excursion touristique en bateau qui propose d'aller voir quelques îles voisines. Le Langkawi est né d'un soulèvement des fonds marins il y a cinq cent millions d'années. Après quelques millions d'années, la grande île qui a surgi du fond de la mer s'est scindée en plusieurs îles et îlots, un peu comme le phénomène de la dérive des continents, mais à petite échelle.
 

Là je me suis rendu compte que ça ressemble à la Thaïlande, c'est normal, c'est juste à côté. C'est beau !
 

Au milieu d'une de ces îles, un lac d'eau douce alors qu'il n'est qu'à dix mètres de l'océan, mais le lac et la mer ne communiquent pas. Étonnant ! J'ai déjà vu ce phénomène-là à Coron, aux Philippines. On peut y faire du kayak et se baigner.
 
L'excursion était sympa, c'était beau et il faisait beau.
 
Le jour suivant, re-scooter. Après une demi-heure de route, j'ai trouvé le plus bel endroit de l'île, tout au nord.


La plage Tanjung Rhu.


Une superbe plage de sable blanc, mi-privée, mi-publique, dans un beau décor naturel. 

Il a fait très chaud, une chaleur lourde, presque insupportable. Je suis habitué à la chaleur, mais là c'est vraiment beaucoup. La baignade fait du bien et il y avait de l'ombre. La plage n'étant pas en ville et les palmiers étant mes arbres préférés, j'ai beaucoup aimé cet endroit paradisiaque !
 
 
 
Fin du voyage en Malaisie. Ci-dessous mon parcours, je ne suis pas allé à Kuala Lumpur, ni sur la côte Est, ni à Bornéo. C'est assez sympa la Malaisie, en tous cas, les malaisiens le sont.
 
 
 
 
Prochaine destination ? Juste à côté, à Sumatra (Indonésie)
 
 



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'Inde du sud : Goa et le Kerala

L'Inde du nord : du Gange sacré jusqu'au Taj Mahal